Histoire des Indiens d’Amérique

Histoire des Indiens d’Amérique

12 novembre 2018 0 Par admin

Les Indiens d’Amérique sont les habitants d’origine du continent américain, avant les conquêtes des Européens. Aujourd’hui, le terme Amérindiens est préféré, permettant d’éviter la confusion avec les Indiens d’Inde. Surtout que cette dénomination fait encore référence à l’erreur de Christophe Colomb qui pensait avoir découvert les Indes occidentales. En anglais, ils sont appelé « native peoples », rappelant qu’ils étaient les premiers à peupler cet immense territoire. L’arrivée violente des colons européens est encore aujourd’hui un sujet sensible sur le continent où les Amérindiens vivent soit intégrés à la société soit confinés dans des réserves. Dans l’esprit populaire, l’Indien est toujours représenté à cheval, avec une grande coiffe et il est opposé à son envahisseur, qui est dépeint sous l’image caricaturale du cowboy. Mais qu’en est-il réellement de la culture amérindienne ? Quel était ce peuple ? Quelle était leur organisation sociale ? D’où viennent-ils et où sont-ils à présents ?

L’origine des ethnies amérindiennes

Pendant des années, l’histoire du peuple amérindien commençait au 15e siècle, en même temps que l’arrivée des colons européens sur le continent, comme si la découverte de ce peuple marquait le début de leur existence. Pourtant, les peuples indigènes occupaient déjà tous les continents américains depuis des dizaines de millénaires. Récemment, il a été démontré que les Indiens sont arrivés sur le continent par le détroit de Béring, cet étroit passage entre l’Alaska actuel et la Sibérie, il y a 40 000 ans. L’arrivée exacte des Amérindiens sur le territoire est encore sujette à des discussions. Certains soutiennent plutôt la thèse qu’ils viendraient des peuples d’Océanie. Plus étonnant encore, des études ADN récentes sont une preuve indiscutable que certaines tribus indiennes comme les Sioux ou les Yakamas auraient des ancêtres européens. Cela voudrait dire que des colons européens auraient découvert l’Amérique bien avant Christophe Colomb, en 1492. Quelles que soient les hypothèses, il est donc plus que probable que les Indiens sont eux-mêmes issus de plusieurs colonisations au cours de plusieurs dizaines de millénaires.

La colonisation de l’Amérique

L’Histoire a prouvé que d’autres contacts avec l’Amérique avaient eu lieu avant l’arrivée de Christophe Colomb sur le territoire. Il existe des hypothèses controversées concernant les Phéniciens, les Chinois, les Carthaginois ou Jean Scolvus, mais récemment, il a été prouvé que les Vikings avaient atteint Terre-Neuve, au Canada, après avoir pris l’Islande et le Groenland. Malgré tout, c’est la date du 12 octobre 1492, qui reste la date officielle de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, envoyé par la couronne espagnole. Il jette l’ancre dans les Bahamas, avant d’arriver à Cuba puis Haïti. Il va effectuer 4 voyages, racontant à chaque fois, en Europe, qu’il avait atteint l’Asie ou l’Extrême Orient, d’où l’attribution du nom d’Indiens aux autochtones. Il mourra sans jamais savoir qu’il avait en réalité atteint le Nouveau Monde, comme l’a découvert Amerigo Vespucci. La découverte de Vespucci valut que l’on baptisât le continent Amérique, en son honneur.

Lorsque les Européens sont arrivés en Amérique, ils ont emporté avec eux des maladies infectieuses contre lesquelles la population autochtone n’était pas immuniséé. 50 à 60% de la population amérindienne aurait été décimée en quelques décennies, contractant la diphtérie, la variole, la grippe, le typhus ou la rougeole. En 150 ans, la population serait passée de 80 ou 100 millions d’individus à environ 5 millions sur les 3 parties du continent (Amérique du Nord, Amérique du Sud, Amérique centrale et Caraïbes). L’autre grand responsable de l’extermination de la population est la traite des Indiens par les Européens. Après avoir tué et pillé les villages indiens, les survivants ont été faits esclaves et avaient pour devoir de travailler gratuitement sur les terres, où ils avaient l’obligation de s’évangéliser.

Qui sont les Amérindiens aujourd’hui ?

Le comportement des colonisateurs n’a fait qu’empirer jusqu’au 19e siècle, même si certains gouvernements ont parfois signé des pactes d’entraides entre les Blancs américains et les Indiens. Des relations pacifiques ont même existé entre les deux clans. Mais les Guerres indiennes marquent clairement la volonté des colons de s’approprier les terres, en avançant vers l’Ouest. Il s’agit de la fameuse période naïvement représentée par les cowboys s’opposant aux Indiens.

Les Amérindiens finissent parqués dans des réserves, appauvris et affamés. Les bisons ont été décimés pour leur fourrure et les territoires ont été saccagés pour construire le premier chemin de fer transcontinental. La loi autorise même la mise en vente à des particuliers, des terres appartenant aux Indiens. Ce n’est qu’au début du 20e siècle qu’une certaine prise de conscience pousse les autorités à reconnaître une inégalité et un racisme à l’encontre des natifs. En 1924, les Amérindiens obtiennent l’autorisation de prétendre à la citoyenneté américaine.

Si la population native a drastiquement diminué au fil des siècles, il existe toujours une communauté amérindienne importante aux États-Unis. Selon un recensement de  2010, il y aurait encore 2,9 millions d’Indiens dans les 50 États américains. L’État le plus peuplé d’Indiens est l’Arizona, avec 300 000 natifs.

Vivant encore en marge du développement américain, les conditions des natifs s’améliorent depuis les années 70 où bon nombre ont décidé de quitter les réserves pour vivre une vie plus prospère. D’ailleurs, à l’époque, les recensements indiquaient qu’ils n’étaient plus que 800 000 à vivre dans le pays (contre plus de 3 millions actuellement). Alcool, SIDA, violence et drogue sont les grands fléaux qui sévissent dans les réserves et plongent la population dans la précarité extrême, ce qui correspond à un tiers des natifs qui ont souhaité continuer à vivre selon leurs traditions. De nombreuses réserves vivent grâce à la création de casinos, favorisant l’accès au blanchiment d’argent et au banditisme qui y est lié. Les autres Américains d’origines amérindiennes vivent dans les grandes villes, ayant renoncé à la vie en communauté. Par exemple, on compte 85 000 Amérindiens à New York. Dans l’Arizona ou le Nouveau-Mexique, les deux États où ils sont les plus nombreux, ils représentent tout de même 5% à 9% de la population totale.

Les deux tribus qui comptent le plus d’Indiens sont les Cherokees et les Navajos avec plus de 700 000 individus pour l’un et 300 000 pour l’autre. Les 9 autres grandes tribus à compter plus de 50 000 individus sont les Apaches, les Chactas, les Chicachas, les Creeks, les Iroquois, les Lumbees, les Ojibwés, les Pueblos et les Sioux. Bien entendu, il y a également de nombreux Américains qui ont aujourd’hui un ancêtre indien. Ainsi, si la population Cherokee actuelle est de 700 000 individus, on estime à 5 et 7 millions de personnes qui ont des origines cherokees, comme c’est le cas de Johnny Depp, Cher, Miley Cyrus, Cameron Diaz, Elvis Presley ou encore Jimi Hendrix.

Qu’en est-il de la culture des Indiens d’Amérique ?

Il est bien entendu difficile et approximatif de résumer un ensemble de traditions et mode de vie en une seule catégorie homogène. Les Amérindiens occupaient des territoires du Cap Horn à la pointe de l’Alaska, avec des tribus qui parfois avaient peu de contacts entre elles. Néanmoins, une caractéristique commune à toutes ces tribus étaient leur vie en symbiose avec la nature. Concernant leurs croyances, les Indiens imaginaient le monde comme un tout, où il n’y avait pas de frontière entre le réel et les puissances surnaturelles. Avec l’évangélisation rapide des tribus, de nombreuses croyances ont été oubliées, remplacées ou ont abouti à une pratique du christianisme teintée d’animisme.

Pour entrer en contact avec ces forces surnaturelles et les divinités qui les entourent, les Indiens ont mis au point des rites qui consistent à ingérer ou fumer des herbes et des plantes provoquant des hallucinations. La danse, les rites cycliques comme les passages en hutte à sudation, les jeûnes, la prise de drogue, sont des traditions qui visent toutes à faciliter la communication et la communion avec la nature, ainsi que la purification du corps. Plus étonnant et particulier, les Amérindiens accordent beaucoup d’importance aux symboles et aux formes. Le cercle est l’un de ces symboles les plus puissants qu’ils représentent sur les rochers, le sable ou les peaux d’animaux.

D’un point de vue de l’organisation sociale, il est une fois de plus difficile de généraliser la hiérarchisation de la société. La stratification sociale existe dans les tribus du nord, alors que dans les tribus du sud, la société est uniquement basée sur le noyau dur de la famille. Néanmoins, un chef de tribu, de clan ou de gente était désigné pour protéger ses membres. Certaines tribus reconnaissent un pouvoir héréditaire, alors que pour d’autres, la désignation se faisait après délibérations. La femme a également un rôle important dans de nombreuses tribus matriarcales.

Il est intéressant de remarquer qu’avant l’arrivée des colons, les Amérindiens ne pratiquaient pas la métallurgie et n’avaient donc aucun outil en fer. Cela a influencé leur culture et leur agriculture vivrière, c’est-à-dire qu’ils basaient leur philosophie de production sur la culture de l’essentiel pour survivre. L’agriculture vivrière sous-entend donc qu’il n’existait aucune exportation ni volonté de production de masse. Ainsi, ils élèvent des dindes, chassent le bison ou le lapin, cultivent la courge, le maïs et le haricot, et ne connaissent que le chien comme animal de compagnie. Contrairement à l’image que l’on se fait de l’Indien chassant le bison à cheval, l’animal n’existait plus sur le continent depuis la période glaciaire. Les Indiens n’étaient jamais montés à cheval, avant l’arrivée des Européens qui ont introduit l’animal sur le continent. Si l’adoption des chevaux par les Indiens a été rapide, c’est principalement grâce à son mode de vie nomade, le cheval devenant un moyen de transport idéal, inconnu jusqu’alors. D’ailleurs, selon les tribus, ils l’appelaient « chien mystérieux », « grand chien », « chien rouge », « étrange cerf » ou « chien-élan ».